En Suisse, les membres des organes de sociétés font face à des responsabilités personnelles croissantes en matière de gestion d’entreprise. Les administrateurs, membres du conseil d’administration et dirigeants peuvent voir leur patrimoine personnel engagé en cas de faute de gestion, de violation de leurs devoirs fiduciaires ou de non-respect des obligations légales.
Face à ces risques financiers et juridiques considérables, il devient essentiel de comprendre les différentes solutions d’assurance disponibles : RC organes de sociétés, RC professionnelle classique ou assurance D&O (Directors & Officers). Chacune offre des protections distinctes, et le choix de la couverture appropriée peut faire la différence entre une tranquillité d’esprit totale et une exposition financière personnelle importante.
Ce guide vous accompagne dans la compréhension de ces différentes couvertures et vous aide à identifier la solution la plus adaptée à votre situation de dirigeant d’entreprise en Suisse.
Les responsabilités légales des organes de sociétés en Suisse
Qui sont les organes de sociétés ?
Les organes de sociétés désignent les personnes physiques qui exercent des fonctions de direction et de représentation au sein d’une entreprise. Il s’agit principalement des administrateurs, des membres du conseil d’administration, des gérants et des directeurs.
Selon le Code des obligations suisse (articles 754 et suivants), ces personnes occupent un statut juridique particulier : elles ne sont pas de simples employés, mais des mandataires investis de pouvoirs décisionnels importants.
Cette distinction est fondamentale car elle détermine l’étendue de leur responsabilité personnelle en cas de problème dans la gestion de l’entreprise.
Portée de la responsabilité personnelle
Les organes de sociétés engagent leur responsabilité solidaire envers trois entités distinctes : la société elle-même, les actionnaires et les créanciers. Cette responsabilité peut être engagée en cas de violation intentionnelle ou par négligence de leurs devoirs fiduciaires.
Dans certains cas, certains dommages purement financiers nécessitent une couverture RC préjudice de fortune pour protéger efficacement l’entreprise et ses dirigeants.
Les situations concrètes pouvant engager cette responsabilité incluent :
- La mauvaise gestion financière ayant conduit à l’insolvabilité
- Le non-respect des obligations de tenir une comptabilité régulière
- Le défaut de convocation de l’assemblée générale en cas de perte de capital
- Les décisions stratégiques prises sans diligence suffisante
- La violation du devoir de fidélité envers la société
Le risque financier est considérable : les montants réclamés peuvent être illimités et engager directement le patrimoine personnel des organes, incluant leurs biens privés, épargne et investissements.

RC organes vs RC professionnelle : comprendre les différences
La RC professionnelle classique
L’assurance responsabilité civile professionnelle constitue une protection essentielle pour toute entreprise. Comme l’explique notre page dédiée, la responsabilité civile professionnelle couvre les dommages causés à des tiers dans le cadre de l’activité professionnelle courante.
Cette couverture protège l’entreprise et ses collaborateurs lorsqu’ils causent involontairement :
- Des dommages corporels à des clients ou fournisseurs
- Des dommages matériels lors d’interventions
- Des préjudices financiers consécutifs à ces dommages
Toutefois, la RC professionnelle classique présente une limite importante : elle ne couvre généralement pas les actes de gestion des organes de sociétés ni les décisions stratégiques prises par les dirigeants. Le patrimoine personnel des administrateurs reste donc exposé.
La RC organes de sociétés : une protection spécifique
L’assurance RC organes de sociétés comble précisément cette lacune. Elle offre une protection ciblée pour les personnes physiques qui composent les instances dirigeantes de l’entreprise.
Cette couverture spécifique protège les administrateurs, membres du conseil et directeurs contre les réclamations liées à leurs décisions stratégiques et à l’exercice de leurs fonctions de gestion, notamment :
- Les décisions d’investissement qui se révèlent erronées
- Les opérations de fusion-acquisition problématiques
- La gestion inadéquate d’une crise (sanitaire, financière, réputationnelle)
- Les violations involontaires de dispositions légales ou réglementaires
- Les conflits avec des actionnaires minoritaires
La différence fondamentale réside dans la protection du patrimoine personnel des dirigeants : alors que la RC professionnelle protège l’entreprise, la RC organes protège les individus qui la dirigent.
L’assurance D&O (Directors & Officers) : la couverture optimale
L’assurance D&O représente une extension sophistiquée de la RC organes classique, particulièrement adaptée aux entreprises avec des ambitions de croissance ou une exposition internationale.
Cette solution haut de gamme se distingue par plusieurs avantages significatifs :
- Une défense juridique renforcée avec prise en charge des frais d’avocat dès le début de la procédure
- Une couverture mondiale qui protège les dirigeants même lors d’activités à l’étranger
- Des montants de garantie généralement plus élevés, adaptés aux enjeux financiers importants
- Une protection de la réputation avec accompagnement en communication de crise
Pour approfondir les spécificités de l’assurance D&O pour dirigeants de PME, notre article détaillé vous permet d’évaluer précisément si cette solution correspond à votre situation.
L’assurance D&O s’adresse particulièrement aux PME en croissance, aux sociétés avec des activités internationales, aux entreprises cotées ou envisageant une introduction en bourse, et aux conseils d’administration élargis incluant des membres externes.
Parmi les garanties complémentaires souvent incluses, on trouve la couverture des frais de défense même en cas de non-lieu, la protection contre les cyber-risques liés aux décisions stratégiques, et l’extension aux administrateurs de fait (personnes exerçant une influence décisionnelle sans titre officiel).

Comment choisir votre assurance RC organes
Critères d’évaluation essentiels
Le choix d’une assurance RC organes repose sur plusieurs critères fondamentaux qu’il convient d’analyser méthodiquement.
Le montant de la couverture constitue le premier élément à déterminer. Celui-ci doit être proportionnel à la taille de votre entreprise, au chiffre d’affaires, aux actifs gérés et au secteur d’activité. Les activités à risque (finance, santé, construction) nécessitent généralement des montants plus élevés.
L’étendue territoriale représente également un critère décisif : votre entreprise opère-t-elle uniquement en Suisse ou possède-t-elle des filiales, des partenaires commerciaux ou des projets à l’étranger ? Une couverture internationale s’impose dans ce dernier cas.
Les franchises et exclusions méritent une attention particulière. Lisez attentivement les clauses pour identifier ce qui n’est pas couvert : fautes intentionnelles, amendes et pénalités, réclamations antérieures à la souscription.
Enfin, vérifiez si la défense pénale est incluse dans la police de base ou proposée en option. Cette garantie est cruciale car elle couvre les frais juridiques même avant toute condamnation.
Questions à poser à votre assureur
Avant de souscrire une assurance RC organes, plusieurs questions essentielles permettent de clarifier la portée exacte de votre couverture.
Interrogez votre assureur sur le traitement des fautes intentionnelles : sont-elles couvertes ? Dans la grande majorité des cas, la réponse est négative, mais les modalités de preuve de l’intentionnalité varient selon les contrats.
Demandez quelle est la définition précise d’« organe » dans le contrat : tous les membres du conseil d’administration sont-ils couverts ? Qu’en est-il des directeurs généraux, des directeurs de divisions, des membres de comités spécialisés ?
Un point souvent négligé concerne les anciens administrateurs : restent-ils couverts après leur départ pour les actes commis durant leur mandat ? Cette protection rétrospective est fondamentale car les réclamations peuvent survenir plusieurs années après les faits.
Enfin, renseignez-vous sur l’existence d’une période de découverte après résiliation du contrat. Cette clause permet de déclarer des sinistres découverts après la fin du contrat, pour autant que les faits générateurs soient antérieurs.
Bien-Assuré vous accompagne dans la protection de vos organes
Chez Bien-Assuré, nous comprenons les enjeux spécifiques auxquels font face les dirigeants d’entreprise en Suisse. Notre expertise dans le domaine des assurances d’entreprise nous permet de vous proposer une comparaison objective des solutions RC organes disponibles sur le marché suisse.
Notre approche repose sur une analyse des risques approfondie, spécifiquement adaptée à votre structure juridique, votre secteur d’activité, votre gouvernance et vos projets de développement. Nous ne proposons pas de solution standard, mais un conseil personnalisé qui tient compte de votre situation particulière.
Notre service complet vous accompagne à chaque étape : audit de vos besoins et de votre exposition actuelle, comparaison des offres de plusieurs assureurs partenaires, négociation des conditions et des tarifs, et révision régulière de vos couvertures pour les adapter à l’évolution de votre entreprise.
Comme le rappellent les autorités compétentes, les obligations des membres du conseil d’administration sont nombreuses et la responsabilité personnelle des dirigeants constitue un risque réel qu’il convient de ne pas négliger.
Nous vous invitons à nous contacter pour une consultation sans engagement. Ensemble, nous identifierons la solution d’assurance qui protégera efficacement votre patrimoine personnel tout en vous permettant d’exercer vos fonctions de direction avec sérénité.