Qui doit s’assurer entre maître d’ouvrage et entrepreneur sur un chantier ?

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Besoin d'une RC Professionelle ?

Découvrez la RC entreprise en détail, des exemples concrets de sinistres pris en charge et des réponses à vos questions.

L’entrepreneur est tenu de souscrire une assurance-accidents (LAA) pour son personnel et une responsabilité civile pour les dommages causés à des tiers. Le maître d’ouvrage, quant à lui, doit assurer le bâtiment existant, déclarer les travaux à son assureur et envisager une assurance tous risques chantier. Une coordination contractuelle claire entre les deux parties est indispensable pour éviter toute zone grise en cas de sinistre.

Sur un chantier de construction ou de rénovation, les intervenants se multiplient : maître d’ouvrage, entrepreneur général, sous-traitants, architectes, ingénieurs. Chacun assume une part de responsabilité distincte, et la question de savoir qui doit s’assurer — et pour quoi — génère régulièrement des litiges coûteux. En l’absence d’une couverture adaptée, les dommages matériels, accidents ou retards peuvent engager des patrimoines personnels entiers.

Chez Bien-Assuré, nous accompagnons quotidiennement des PME du bâtiment et des maîtres d’ouvrage privés dans la structuration de leurs protections assurantielles. Voici ce que vous devez savoir pour sécuriser votre prochain projet.

Les obligations légales en matière d’assurance chantier

Assurance accidents obligatoire pour les employeurs

La Loi sur l’assurance-accidents (LAA) impose à tout employeur de couvrir son personnel contre les accidents professionnels et non professionnels. Cette obligation s’applique à l’entrepreneur et à ses sous-traitants dès lors qu’ils emploient du personnel salarié.

Le maître d’ouvrage privé sans employé n’est pas concerné par cette obligation. En revanche, tout entrepreneur qui fait appel à de la main-d’œuvre sans l’affilier à une caisse LAA s’expose à des amendes et à une responsabilité personnelle en cas d’accident sur le chantier.

À noter : les indépendants sans personnel peuvent s’assurer à titre volontaire, ce qui reste fortement recommandé compte tenu des risques physiques inhérents au secteur de la construction.

Responsabilité civile : une obligation légale limitée mais un risque illimité

Contrairement à certaines idées reçues, il n’existe pas d’obligation légale généralisée de souscrire une responsabilité civile pour les entrepreneurs du bâtiment en Suisse — sauf pour les professions réglementées telles qu’architectes et ingénieurs. Le Code des obligations (CO) prévoit néanmoins une responsabilité de plein droit pour tout dommage causé à autrui.

En pratique, les contrats d’entreprise intègrent quasi systématiquement une clause exigeant la preuve d’une RC entreprise active. Et pour cause : l’effondrement d’un échafaudage endommageant un bâtiment voisin, par exemple, peut engendrer des frais de plusieurs centaines de milliers de francs. Sans couverture, la responsabilité illimitée s’étend au patrimoine personnel de l’entrepreneur.

Qui doit s'assurer entre maître d'ouvrage et entrepreneur sur un chantier ?

Les assurances indispensables pour l’entrepreneur

La responsabilité civile professionnelle, pilier de protection

La RC exploitation couvre les dommages causés à des tiers pendant l’exécution des travaux : blessures, dégâts aux bâtiments voisins, détérioration d’ouvrages existants. Les montants de garantie recommandés pour un entrepreneur actif dans la construction se situent entre 5 et 10 millions de CHF minimum.

La RC après livraison prend le relais une fois l’ouvrage réceptionné. Elle couvre les défauts d’exécution découverts après la fin des travaux — notamment les vices cachés et les situations relevant de la garantie décennale. Cette extension est souvent négligée alors qu’elle représente l’un des risques les plus élevés pour un entrepreneur.

Des extensions spécifiques méritent également attention :

  • Dommages aux câbles et canalisations souterraines
  • Pollution accidentelle du sol ou des eaux
  • Dommages à l’ouvrage lui-même (souvent exclu des RC standard)

Pour aller plus loin sur les garanties essentielles, découvrez notre guide complet sur la RC professionnelle.

Assurance tous risques chantier : qui paie, qui bénéficie ?

L’assurance tous risques chantier (TRC) couvre l’ouvrage en cours de construction contre tous types de dommages accidentels. Sa souscription est traditionnellement à la charge du maître d’ouvrage en Suisse, bien que l’entrepreneur général puisse en être mandaté — le coût étant alors répercuté dans le devis.

Cette assurance bénéficie aux deux parties :

  • Le maître d’ouvrage voit son ouvrage reconstruit sans devoir engager une procédure en responsabilité
  • L’entrepreneur est protégé contre certaines erreurs non intentionnelles
  • Le principe indemnitaire s’applique : l’assureur paie puis, si nécessaire, se retourne contre le responsable

La couverture s’étend généralement aux catastrophes naturelles, incendies, dégâts d’eau, vols de matériaux et, selon les contrats, à certaines erreurs d’exécution. Attention toutefois aux franchises et clauses de vétusté, qui peuvent réduire sensiblement l’indemnisation effective.

Les obligations et précautions du maître d’ouvrage

Assurance du bâtiment existant et extension travaux

Dans les cantons disposant d’une assurance immobilière cantonale obligatoire, la couverture du bâtiment existant est maintenue durant les travaux — mais une déclaration préalable reste obligatoire, notamment pour couvrir l’augmentation de valeur liée aux travaux. Une omission peut entraîner une réduction proportionnelle de l’indemnité en cas de sinistre.

Dans les cantons sans assurance cantonale obligatoire, il convient de vérifier impérativement que la police privée inclut une extension « travaux en cours ». En cas de transformation lourde, des surprimes temporaires peuvent être appliquées — et la notification à l’assureur constitue une obligation contractuelle à ne pas négliger.

Responsabilité du maître d’ouvrage : souvent sous-estimée

Le maître d’ouvrage n’est pas un simple spectateur juridique. Il engage sa propre responsabilité en cas de défaut de conception, d’erreur dans les plans ou de défaut de surveillance lorsqu’il assume lui-même la direction des travaux. L’article 55 CO prévoit également une responsabilité du commettant pour les actes dommageables de l’entrepreneur mandaté.

La RC ménage standard ne couvre généralement pas cette exposition. Une extension spécifique ou une police dédiée est nécessaire, avec des montants recommandés entre 3 et 5 millions de CHF. Les promoteurs professionnels, quant à eux, doivent impérativement disposer d’une RC professionnelle intégrant une couverture décennale pour la vente après construction.

Pour approfondir ce point, consultez notre article dédié à la couverture du maître d’ouvrage.

Qui doit s'assurer entre maître d'ouvrage et entrepreneur sur un chantier ?

Coordination des assurances : éviter les zones grises

La coordination des assurances chantier est un enjeu souvent négligé, qui génère pourtant la majorité des conflits entre parties en cas de sinistre. Quelques principes fondamentaux permettent de structurer efficacement cette coordination :

  • Principe de subsidiarité : la TRC intervient en premier pour les dommages à l’ouvrage ; la RC de l’entrepreneur prend le relais si le sinistre est exclu de la TRC
  • Clauses contractuelles claires : le contrat d’entreprise doit préciser qui souscrit quoi, les montants minimaux exigés et l’obligation de maintien des polices jusqu’à la réception définitive
  • Attestations d’assurance : leur fourniture avant le début des travaux doit être une condition sine qua non
  • Clause de renonciation à recours : fréquente dans les polices TRC, elle évite que l’assureur du maître d’ouvrage se retourne contre l’entrepreneur — favorisant ainsi la paix contractuelle

Pour les grands chantiers impliquant de multiples corps de métiers ou de la sous-traitance en cascade, la désignation d’un courtier coordonnateur est vivement recommandée. Chez Bien-Assuré, nous proposons un audit préalable des couvertures pour identifier les chevauchements et les lacunes avant le démarrage du projet.

Cas particuliers et situations à risque

Certaines configurations de chantier appellent une attention renforcée en matière d’assurance :

Auto-construction partielle : lorsque le maître d’ouvrage réalise lui-même une portion des travaux, il assume la responsabilité intégrale de cette portion. La TRC exclut souvent les travaux non professionnels. Une extension de la RC ménage ou une mini-police TRC peut alors s’avérer indispensable.

Recours à des indépendants sans assurance : si l’entrepreneur mandaté ne dispose pas d’une RC valide, le risque remonte vers le maître d’ouvrage. La vérification systématique des attestations d’assurance avant tout début d’intervention est une précaution élémentaire.

Travaux en site occupé : les risques de dommages aux occupants ou à leurs biens sont accrus. Des extensions RC spécifiques couvrant les troubles de jouissance (bruit, poussière, restriction d’accès) sont souvent nécessaires, en coordination avec l’assurance ménage des occupants concernés.

Bâtiments classés ou protégés : les exigences en matière de compétences et de matériaux spécialisés influent directement sur les conditions de couverture RC. La valeur de reconstruction majorée doit également être déclarée à l’assureur.

Pour chacune de ces situations, explorez nos solutions de responsabilité civile entreprise adaptées à votre contexte spécifique.

La répartition des responsabilités assurantielles entre maître d’ouvrage et entrepreneur repose sur un équilibre délicat entre obligations légales et protection contractuelle. Si la LAA s’impose à tout employeur, la responsabilité civile chantier demeure largement volontaire mais économiquement indispensable. L’assurance tous risques chantier, traditionnellement portée par le maître d’ouvrage, constitue le filet de sécurité commun pour l’ouvrage lui-même. Comme le rappellent les experts du secteur, une couverture bien structurée en amont vaut infiniment mieux qu’un litige long et coûteux après sinistre.

Chez Bien-Assuré, nous accompagnons entrepreneurs et maîtres d’ouvrage dans l’analyse de leurs besoins spécifiques et la mise en place de solutions coordonnées. Notre expertise du secteur de la construction en Suisse nous permet d’identifier les zones de risque et de proposer des couvertures sur mesure, adaptées à la taille et à la nature de chaque projet. Contactez-nous pour un audit personnalisé de vos protections actuelles — avant la signature de vos contrats d’entreprise.

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