Savez-vous vraiment combien vous toucherez à la retraite ? Si vous travaillez en Suisse, votre avenir financier dépend en grande partie du 2e pilier et de la LPP. Pourtant, beaucoup ignorent comment fonctionnent ces cotisations et quelles prestations elles garantissent. Dans cet article, on vous explique simplement tout ce que vous devez savoir pour sécuriser votre retraite et protéger votre famille.
Qu’est-ce que la LPP et le 2e pilier ?
Le système des trois piliers en Suisse
En Suisse, la prévoyance repose sur un système à trois niveaux. Chaque pilier a un rôle spécifique pour assurer une sécurité financière après la vie active.
1er pilier
L’AVS (Assurance Vieillesse et Survivants) et l’AI (Assurance Invalidité). Il garantit un revenu de base pour couvrir les besoins vitaux.
2ème pilier
La LPP (Loi sur la prévoyance professionnelle). Il complète l’AVS et permet de maintenir un niveau de vie proche de celui d’avant la retraite.
3ème pilier
La prévoyance individuelle. Il s’agit d’une épargne volontaire pour améliorer encore plus la rente.
Le 2e pilier est obligatoire pour les employés gagnant plus de 22’050 CHF par an (chiffre 2024). Il est financé par des cotisations versées par l’employeur et l’employé. Cet argent est placé dans une caisse de pension et sera versé sous forme de capital ou de rente au moment de la retraite.
Les objectifs de la LPP
La LPP a été mise en place pour compléter l’AVS et garantir une couverture suffisante aux travailleurs. Son but principal est d’assurer que la somme des rentes du 1er pilier et du 2e pilier atteigne environ 60% du dernier salaire (à découvrir, les différences entre le 1er et le 2e pilier).
Elle protège aussi en cas d’invalidité ou de décès. Si un assuré devient invalide, il perçoit une rente d’invalidité. En cas de décès, ses proches reçoivent une allocation pour survivants.
Les cotisations sont calculées en fonction de l’âge et du salaire. Plus on vieillit, plus le taux de cotisation augmente :
Âge | Taux de cotisation (employé + employeur) |
---|---|
25 – 34 ans | 7% |
35 – 44 ans | 10% |
45 – 54 ans | 15% |
55 – 64/65 ans | 18% |
Chaque caisse de pension applique un plan de prévoyance défini par la loi, mais certaines entreprises offrent des prestations plus généreuses.
Qui est concerné par la LPP ?
La LPP (Loi sur la prévoyance professionnelle) concerne principalement les salariés en Suisse. Elle fait partie du 2e pilier et vise à compléter l’AVS pour assurer une retraite plus confortable.
Les salariés obligatoirement assurés
Si vous travaillez en Suisse et que vous remplissez certaines conditions, votre employeur doit vous affilier à une caisse de pension. Voici les critères :
- Avoir un revenu annuel d’au moins 22’050 CHF (seuil en 2024).
- Être âgé de plus de 17 ans pour l’assurance invalidité et les prestations en cas de décès.
- À partir de 25 ans, cotiser aussi pour la retraite.
Les cotisations sont partagées entre l’employé et l’employeur. Le taux varie selon la caisse de pension et l’âge du salarié.
Les indépendants et les exceptions
Les indépendants ne sont pas obligés de cotiser à la LPP. Toutefois, ils peuvent adhérer volontairement à une caisse de pension pour bénéficier d’une couverture en cas de vieillesse, d’invalidité ou de décès.
Certains salariés ne sont pas couverts par la LPP, notamment :
- Ceux qui gagnent moins que le seuil de 22’050 CHF.
- Les contrats de travail de moins de trois mois.
- Les personnes déjà couvertes par un autre régime de prévoyance.
Les travailleurs à temps partiel
Les employés à temps partiel peuvent être désavantagés, car le salaire coordonné (revenu pris en compte pour la cotisation) est réduit. Certaines caisse de pension permettent d’adapter la couverture pour mieux protéger ces travailleurs.
Si vous cumulez plusieurs emplois, il est possible de demander une affiliation spéciale pour ne pas être exclu du 2e pilier.
Comment fonctionnent les cotisations au 2e pilier ?
Le 2e pilier, aussi appelé LPP (Loi sur la prévoyance professionnelle), complète l’AVS. Il permet d’assurer un revenu à la retraite, en cas d’invalidité ou pour les survivants en cas de décès. Son financement repose sur des cotisations versées par l’employé et l’employeur.
Qui doit cotiser au 2e pilier ?
Les cotisations sont obligatoires pour les salariés qui remplissent ces conditions :
- Avoir un salaire annuel supérieur à 22’050 CHF (seuil 2024).
- Être âgé de plus de 17 ans pour l’assurance invalidité et décès.
- Être âgé de plus de 24 ans pour la retraite.
Les indépendants ne sont pas obligés de cotiser, mais ils peuvent adhérer volontairement à une caisse de pension.
Comment sont calculées les cotisations ?
Les cotisations sont calculées sur le salaire assuré. Ce salaire correspond au revenu annuel après déduction d’un montant appelé déduction de coordination (fixée à 7’350 CHF en 2024).
Le taux de cotisation varie selon l’âge :
Âge | Taux de cotisation (en % du salaire assuré) |
---|---|
25 – 34 ans | 7% |
35 – 44 ans | 10% |
45 – 54 ans | 15% |
55 – 65 ans | 18% |
L’employeur doit payer au moins 50% des cotisations. Certaines entreprises prennent en charge une part plus importante.
Que deviennent les cotisations versées ?
Les montants versés sont placés dans un fonds de prévoyance. Ils génèrent des intérêts et servent à financer :
- Une rente de vieillesse à la retraite.
- Une rente d’invalidité en cas d’incapacité de travail.
- Une rente pour les survivants (conjoint et enfants) en cas de décès.
À l’âge de la retraite, l’assuré peut choisir entre une rente mensuelle ou un capital unique. Chaque option a ses avantages selon la situation financière et les besoins de l’assuré.
Et en cas de divorce ?
Lors d’un divorce, le partage du 2e pilier est souvent nécessaire. En effet chaque conjoint a droit à une partie des avoirs accumulés durant le mariage.
Prestations assurées par la LPP
Retraite
La LPP garantit une rente de vieillesse aux assurés dès qu’ils atteignent l’âge légal de la retraite. Cette rente vient compléter celle de l’AVS pour assurer un niveau de vie suffisant après la fin de l’activité professionnelle.
Le montant de la rente dépend de plusieurs facteurs :
- Le capital accumulé sur le compte de l’assuré.
- Le taux de conversion appliqué par la caisse de pension.
- Les cotisations versées par l’employé et l’employeur au fil des années.
Il est possible de retirer une partie ou la totalité du capital sous forme de fonds au lieu de percevoir une rente mensuelle. Ce choix dépend des besoins et des préférences de chacun.
Les assurés peuvent aussi demander une retraite anticipée, mais cela entraîne une réduction de la rente, car le capital doit être réparti sur une plus longue période.
Invalidité et décès
En cas d’invalidité, la LPP prévoit une rente d’invalidité. Cette prestation est versée si l’assuré ne peut plus travailler en raison d’un problème de santé. Le montant de la rente dépend du degré d’invalidité reconnu par l’Assurance invalidité (AI).
Si l’assuré décède, la LPP protège les survivants avec :
- Une rente de conjoint pour le/la partenaire survivant(e), sous certaines conditions.
- Une rente d’orphelin pour les enfants jusqu’à 18 ans (ou 25 ans s’ils poursuivent des études).
Ces prestations permettent aux proches de maintenir une certaine sécurité financière après la perte d’un revenu principal.
Optimiser sa prévoyance professionnelle
La prévoyance professionnelle permet de garantir un revenu après la retraite. Elle couvre aussi les risques d’invalidité et de décès. Pour bien en profiter, il faut comprendre son fonctionnement et savoir comment l’optimiser.
Comprendre le 2e pilier
Le 2e pilier est obligatoire pour tous les employés gagnant plus de 22’050 CHF par an (en 2024). Il complète l’AVS et permet de maintenir un niveau de vie acceptable après la fin de l’activité professionnelle.
Il fonctionne sur un principe de cotisation partagée entre l’employeur et l’employé. L’argent versé est placé dans une caisse de pension et génère des intérêts.
Augmenter son capital de prévoyance
Pour optimiser son 2e pilier, plusieurs stratégies existent :
- Rachats volontaires : Ils permettent d’augmenter son capital et de réduire ses impôts.
- Choisir une caisse de pension performante : Toutes les caisses n’offrent pas les mêmes rendements.
- Surveiller les frais : Certains plans ont des coûts élevés qui réduisent la rentabilité.
Retirer son 2e pilier : rente ou capital ?
Au moment de la retraite, il est possible de choisir entre une rente mensuelle ou un retrait en capital. Chaque option a ses avantages :
Option | Avantages | Inconvénients |
---|---|---|
Rente | Revenu garanti à vie, sécurité financière | Moins de flexibilité, dépendance à la caisse de pension |
Capital | Gestion libre de l’argent, possibilité d’investissement | Risque de mauvaise gestion, épuisement du capital |
Prévoyance et indépendants
Les indépendants ne sont pas obligés de cotiser au 2e pilier. Cependant, ils peuvent adhérer à une caisse de pension pour bénéficier d’une couverture en cas d’invalidité ou de vieillesse. C’est une solution intéressante pour sécuriser leur avenir.
Retrait anticipé de la LPP : quelles options ?
Le 2e pilier est conçu pour garantir une retraite confortable. Mais dans certains cas, il est possible de retirer son capital avant l’âge légal. Voici les principales options.
Financement de son logement
Vous pouvez utiliser votre caisse de pension pour acheter votre résidence principale. Ce retrait est autorisé sous certaines conditions :
- Le bien doit être votre domicile principal.
- Vous devez être encore actif professionnellement.
- Le montant minimum de retrait est de 20’000 CHF.
Attention, un retrait réduit votre rente future. Il est aussi soumis à une imposition spécifique.
Création d’une entreprise
Si vous devenez indépendant, vous pouvez retirer votre capital pour financer votre activité. Il faut prouver votre changement de statut avec :
- Une inscription auprès de l’AVS.
- Un business plan solide.
Ce retrait entraîne une perte de couverture en cas d’invalidité ou de décès. Il est donc conseillé de souscrire une assurance complémentaire.
Départ définitif de Suisse
Si vous quittez la Suisse pour un pays hors de l’UE/AELE, vous pouvez retirer l’intégralité de votre fonds de prévoyance. Pour les pays de l’UE/AELE, seul la part surobligatoire est accessible.
Vous devez fournir :
- Une preuve de résidence à l’étranger.
- Une attestation de départ des autorités suisses.
Les montants retirés sont imposés, mais souvent à un taux réduit.
Invalidité ou décès
En cas d’invalidité, une rente peut être versée au lieu d’un retrait en capital. En cas de décès, les survivants (conjoint, enfants) peuvent bénéficier d’une allocation.
Chaque situation est unique. Il est recommandé de consulter sa caisse de pension avant toute décision.
Rente ou capital : quel choix pour votre retraite ?
Au moment de la retraite, vous avez deux options : toucher une rente mensuelle ou retirer votre capital en une seule fois. Chaque choix a des avantages et des inconvénients. Il est important de bien comprendre les implications avant de décider.
La rente : sécurité et stabilité
Opter pour une rente signifie recevoir un revenu régulier jusqu’à la fin de votre vie. C’est une solution rassurante, surtout si vous craignez de manquer d’argent à long terme.
- Un revenu garanti jusqu’à votre décès.
- Aucune gestion financière nécessaire.
- Protection contre le risque de longévité (vous ne risquez pas d’épuiser votre épargne).
En revanche, la rente ne permet pas de transmettre un capital à vos héritiers. De plus, une fois le choix fait, il est irréversible.
Le capital : liberté et flexibilité
Retirer son capital permet de gérer soi-même son argent. Vous pouvez l’investir, l’utiliser pour un projet ou le transmettre à vos proches.
- Possibilité d’investir selon vos besoins.
- Transmission du capital à vos héritiers.
- Flexibilité dans l’utilisation des fonds.
Mais attention, cela demande une bonne gestion financière. Il faut éviter d’épuiser son épargne trop vite.
Comment choisir ?
Le choix dépend de plusieurs facteurs :
Critère | Rente | Capital |
---|---|---|
Besoin de sécurité | Élevé | Faible |
Capacité à gérer son argent | Pas nécessaire | Indispensable |
Transmission aux héritiers | Non | Oui |
Il est aussi possible de combiner les deux options en retirant une partie en capital et en convertissant le reste en rente. Cela permet de profiter des avantages des deux solutions.