Quelles sont les cotisations minimales et maximales du 2e pilier ?

Le 2e pilier est une part essentielle de votre prévoyance retraite en Suisse. Mais savez-vous combien vous devez cotiser au minimum ? Et jusqu’à quel montant vous pouvez aller pour optimiser votre épargne ?

Que vous soyez salarié ou indépendant, comprendre ces chiffres vous permet de mieux planifier votre avenir financier. Voici un guide clair et précis pour tout savoir sur les cotisations minimales et maximales du 2e pilier.

Comprendre le cadre légal des cotisations du 2e pilier

Les bases du 2e pilier

Le 2e pilier fait partie du système de prévoyance suisse. Il complète l’AVS (1er pilier) pour garantir un revenu à la retraite. Il repose sur la LPP (Loi sur la prévoyance professionnelle) et concerne tous les salariés dès un certain seuil de salaire.

Ce système fonctionne par capitalisation. Chaque mois, l’employé et l’employeur versent des cotisations dans une caisse de pension. Ces fonds sont investis et accumulés jusqu’à la retraite.

Les cotisations dépendent de plusieurs facteurs :

  • Le salaire annuel AVS
  • L’âge de l’assuré
  • Les règles de la caisse de pension

Le 2e pilier couvre aussi les risques d’invalidité et de décès. En cas de problème, une rente est versée à l’assuré ou à ses proches.

Cotisations obligatoires et sur-obligatoires

Les cotisations 2e pilier se divisent en deux parties : l’obligatoire et le sur-obligatoire.

Cotisations obligatoires

La partie obligatoire est définie par la LPP. Elle s’applique dès un salaire annuel AVS de 22’050 CHF (en 2024). Le montant cotisé dépend de l’âge :

Âge% du salaire assuré
25-34 ans7%
35-44 ans10%
45-54 ans15%
55-65 ans18%

Ces cotisations sont partagées entre l’employeur et l’employé. L’employeur doit payer au moins 50%.

Cotisations sur-obligatoires

Les entreprises peuvent proposer des cotisations sur-obligatoires. Cela permet d’améliorer la rente future. Ces cotisations varient selon la caisse de pension et l’accord entre l’employeur et l’employé.

Les indépendants ne sont pas obligés d’adhérer au 2e pilier, mais ils peuvent cotiser volontairement pour améliorer leur assurance vieillesse.

Les cotisations minimales : montants et conditions

En Suisse, le 2e pilier est une composante essentielle de la prévoyance professionnelle. Il complète l’AVS et permet d’assurer un revenu à la retraite. Mais tout le monde n’y cotise pas de la même manière. Il existe des seuils minimaux à respecter.

Qui doit cotiser au 2e pilier ?

Les cotisations au 2e pilier sont obligatoires pour les salariés qui remplissent certaines conditions :

  • Avoir un salaire annuel AVS d’au moins 22’050 CHF (seuil en 2024).
  • Avoir plus de 17 ans pour la couverture des risques (invalidité et décès).
  • Avoir plus de 24 ans pour commencer l’accumulation de la rente.

Les indépendants, eux, ne sont pas obligés de cotiser, mais ils peuvent adhérer volontairement à une caisse de pension.

Quel est le montant minimal des cotisations ?

Le montant des cotisations minimales dépend du salaire assuré. Ce dernier est calculé en soustrayant la déduction de coordination (fixée à 25’725 CHF en 2024) du salaire annuel AVS.

ÂgeTaux de cotisation (en % du salaire assuré) 
25 – 34 ans7%
35 – 44 ans10%
45 – 54 ans15%
55 – 64/65 ans18%

Ces cotisations sont partagées entre l’employeur et l’employé. L’employeur doit payer au moins 50% du montant total.

Que se passe-t-il si le salaire est inférieur au seuil ?

Si le salaire AVS est inférieur à 22’050 CHF, l’affiliation au 2e pilier n’est pas obligatoire. Cependant, certaines entreprises offrent une assurance retraite même en dessous de ce seuil.

Les personnes ayant plusieurs emplois peuvent demander à regrouper leurs salaires pour atteindre le minimum requis.

Les cotisations maximales : possibilités d’augmentation

Le 2e pilier permet d’assurer un revenu complémentaire à la retraite. Mais les cotisations de base ne suffisent pas toujours pour garantir un niveau de vie confortable. Heureusement, il existe des moyens d’augmenter ses cotisations maximales. Ces options varient selon le statut professionnel et la caisse de pension.

Rachats volontaires et cotisations supplémentaires

Les rachats volontaires permettent d’augmenter son capital de prévoyance. Un assuré peut verser des montants supplémentaires pour combler des lacunes dans sa caisse de pension. Ces rachats sont particulièrement utiles pour :

  • Compenser des années non cotisées (ex. expatriation, études prolongées).
  • Optimiser sa rente de retraite.
  • Réduire son impôt, car ces rachats sont déductibles du revenu imposable.

Les cotisations supplémentaires concernent surtout les cadres et les indépendants. Certains plans de prévoyance offrent des options pour verser des montants plus élevés que le minimum légal. Cela permet d’accumuler un capital plus important et d’améliorer la rente future.

Voici un aperçu des possibilités selon le statut :

StatutPossibilité d’augmentation
EmployéRachats volontaires selon les règles de la caisse de pension
CadrePlans de prévoyance complémentaires avec cotisations plus élevées
IndépendantAffiliation à une caisse de pension et cotisations flexibles

Avant d’effectuer un rachat, il est essentiel de vérifier les règles de sa caisse de pension. Certaines imposent des limites ou des conditions spécifiques. De plus, les montants rachetés doivent être conservés jusqu’à la retraite et ne peuvent pas être retirés immédiatement.

Calcul des cotisations : salaire coordonné et taux de cotisation

Le calcul des cotisations 2e pilier repose sur deux éléments clés : le salaire coordonné et le taux de cotisation (à ne pas confondre avec le taux de conversion). Ces paramètres déterminent combien l’employé et l’employeur doivent verser à la caisse de pension.

Le salaire coordonné : base du calcul

Le salaire coordonné correspond à la partie du salaire prise en compte pour les cotisations LPP. Il est calculé en soustrayant la déduction de coordination du salaire AVS.

En 2024, la déduction de coordination est fixée à 25’725 CHF. Le salaire coordonné minimum est de 3’585 CHF et le maximum de 62’475 CHF.

ÉlémentMontant (CHF)
Déduction de coordination25’725
Salaire coordonné minimum3’585
Salaire coordonné maximum62’475

Le taux de cotisation selon l’âge

Le taux de cotisation varie en fonction de l’âge de l’employé. Plus on vieillit, plus le taux augmente pour assurer une meilleure rente à la retraite.

ÂgeTaux de cotisation (%)
25 – 34 ans7%
35 – 44 ans10%
45 – 54 ans15%
55 – 64/65 ans18%

Ces cotisations sont réparties entre l’employeur et l’employé. L’employeur doit au minimum payer 50 % du montant total.

Cas particuliers : cadres et indépendants

Les cadres peuvent bénéficier d’une assurance retraite plus avantageuse avec des cotisations supplémentaires sur la partie du salaire dépassant le plafond LPP.

Les indépendants, eux, ne sont pas obligés de cotiser au 2e pilier. Toutefois, ils peuvent adhérer volontairement à une caisse de pension pour se constituer une rente à la retraite.

Optimiser ses cotisations pour une meilleure prévoyance

Le 2e pilier est essentiel pour assurer une retraite confortable. Il repose sur des cotisations versées par l’employeur et l’employé. Mais comment optimiser ces versements pour maximiser sa prévoyance ?

Comprendre les taux de cotisation

Les cotisations 2e pilier varient selon l’âge et le salaire AVS. Voici les taux définis par la LPP :

Tranche d’âgeTaux de cotisation LPP 
25 – 34 ans7%
35 – 44 ans10%
45 – 54 ans15%
55 – 64/65 ans18%

Ces taux s’appliquent sur le salaire coordonné, c’est-à-dire le salaire soumis à l’AVS après déduction de la déduction de coordination.

Maximiser ses cotisations

Pour améliorer sa rente, il est possible d’augmenter ses cotisations :

  • Effectuer des rachats dans sa caisse de pension pour combler des lacunes.
  • Vérifier si son employeur propose des plans surobligatoires avec des taux plus élevés.
  • Optimiser son salaire AVS pour maximiser la part cotisable.

Cas particulier des indépendants

Les indépendants ne sont pas obligés de cotiser au 2e pilier. Cependant, ils peuvent adhérer à une caisse de pension ou investir dans un 3e pilier pour compléter leur assurance vieillesse.

En optimisant ses cotisations, on assure une meilleure prévoyance et une rente plus confortable à la retraite.

Impact des interruptions de carrière sur les cotisations

Les interruptions de carrière ont un effet direct sur les cotisations 2e pilier. Que ce soit pour un congé parental, une période de chômage ou un passage à l’indépendance, chaque situation influence l’accumulation des fonds de prévoyance.

Conséquences d’une pause professionnelle

Lorsque l’on cesse temporairement de travailler, les cotisations LPP s’arrêtent. Cela signifie :

  • Une interruption dans l’accumulation des rentes.
  • Une baisse du capital disponible à la retraite.
  • Un impact sur les prestations en cas d’invalidité ou de décès.

Si l’interruption dure plusieurs années, la perte peut être significative. Il est possible de compenser en effectuant des rachats volontaires auprès de la caisse de pension.

Chômage et cotisations du 2e pilier

En cas de chômage, l’assurance vieillesse ne couvre que la partie liée aux risques (invalidité et décès). Le capital retraite n’augmente plus. Toutefois, si le chômage est indemnisé, une partie du salaire AVS est soumise à cotisation.

Les personnes au chômage peuvent transférer leur avoir de prévoyance sur une police de libre passage. Cela permet de conserver les droits acquis et d’éviter une perte définitive.

Passage à l’indépendance

Un salarié qui devient indépendant n’est plus soumis aux obligations de la LPP. Il doit alors souscrire une assurance retraite volontaire s’il souhaite continuer à cotiser.

Les options disponibles :

  • Adhérer à une caisse de pension pour indépendants.
  • Ouvrir un compte de prévoyance lié (pilier 3a).
  • Effectuer des rachats pour combler les années sans cotisation.

Ne pas cotiser pendant plusieurs années peut entraîner une baisse significative de la rente future.

Solutions pour limiter l’impact

Pour éviter une perte trop importante, plusieurs solutions existent :

  • Effectuer des rachats volontaires dès la reprise d’une activité.
  • Maintenir une assurance vieillesse via une police de libre passage.
  • Optimiser les versements dans un fonds de prévoyance complémentaire.

Chaque situation étant unique, il est conseillé de consulter un expert en prévoyance pour évaluer les meilleures options.